GUSTAVE COURBET A LA TOUR-DE-PEILZ
Si La Tour-de-Peilz a connu des hôtes célèbres au cours de son histoire, il en est un qui, à son époque, marqua la vie de la cité de son empreinte. Personnalité tonitruante, figure historique et peintre célèbre, Gustave Courbet, puisque c’est de lui dont il s’agit, résida de 1874 à sa mort, le 31 décembre 1877, à La Tour-de-Peilz.
Fuyant la justice française qui l’avait condamné à une amende exorbitante suite au renversement de la colonne Vendôme lors de la Commune de Paris en 1871, poursuivi par le fisc, Courbet choisit la voie de l’exil. Faisant montre d’une grande capacité d’intégration, en particulier auprès des cercles démocratiques, il produisait abondamment afin de répondre aux nombreuses commandes qui lui étaient passées. Souffrant d’hydropisie, et appréciant plus que de raison le vin blanc des coteaux de la commune, son état de santé déclina rapidement et c’est dans sa maison de Bon-Port qu’il décéda en décembre 1877.
Certaines traces de son passage sont encore bien présentes, comme en témoigne le buste « Liberté » qui orne la fontaine de la Place du Temple et qui fut offerte à la ville en 1875 par celui que l’on appelait le « maître du réalisme ». Ce buste est en réalité la deuxième version réalisée par Courbet, la Municipalité de l’époque, craignant l’amalgame entre le bonnet phrygien de la dame et la croix fédérale de la première version appelée « Helvétia », lui avait en effet demandé de « neutraliser » son présent avant de l’exposer sur la fontaine ! Sa maison « Bon-Port », située à la rue du Bourg-Dessous, présente encore aujourd’hui la fameuse terrasse depuis laquelle il put admirer ce paysage lémanique qui lui apportait quiétude et réconfort. De cette terrasse, que l’on peut apercevoir depuis le Port, il fit un tableau exposé au Musée Jenish de Vevey. La commune, pour sa part, possède quelques œuvres du maître, dont deux toiles, les plâtres originaux de « Liberté » et un médaillon de bronze représentant l’homme d’Etat français Léon Gambetta.
D’autres lieux marquants ont toutefois disparu. C’est le cas du « Café du centre », quartier général du peintre, qui vit défiler une bonne partie de l’intelligentsia républicaine française de la fin du XIXe siècle, aujourd’hui démoli, ou sa pierre tombale, transférée en 1919 à Ornans, sa ville natale, avec laquelle La Tour-de-Peilz est jumelée.
Artiste majeur de son temps, exposé dans les plus grands musées, objet de rétrospectives au Grand-Palais de Paris et au Metropolitan Museum de New-York au cours de la dernière décennie, Courbet a pu trouvé ici, à La Tour-de-Peilz, la sérénité et la paix nécessaires à son travail artistique.
|
|
 |

Gustave Courbet, photographié en 1877.
 |
|
 |
| La maison Bon-Port, où vécu Courbet de 1874 à 1877. |
|
Cette toile (100 x 80) a été léguée à la commune en 1957. |
| |
|
|
 |
|
 |
| Offerte par Courbet à la commune en 1875, "Liberté" veille sur la Place du Temple. |
|
Courbet et ses amis boélands devant le Café du Centre. |
|